Acheter un vélo électrique reconditionné : ce qu'il faut vérifier

Acheter un vélo électrique reconditionné : ce qu'il faut vérifier

Léo Gros |

Le reconditionné permet d'accéder à un vélo mieux équipé pour un budget réduit de 30 à 50 %. Encore faut-il distinguer un véritable reconditionnement d'une simple revente d'occasion, et savoir où regarder.

Reconditionné ou occasion : la différence

Un vélo reconditionné est vendu par un professionnel après contrôle, révision, remplacement des pièces d'usure et nettoyage. Il s'accompagne d'une facture et d'une garantie.

Un vélo d'occasion entre particuliers est vendu en l'état. Aucun contrôle, aucune garantie, aucun recours en cas de vice caché découvert après coup, sauf procédure judiciaire.

Cette distinction n'est pas une nuance commerciale, elle change entièrement vos droits.

La garantie applicable

Un vendeur professionnel doit la garantie légale de conformité. Pour un bien d'occasion, sa durée peut être réduite par accord entre les parties, sans pouvoir descendre en dessous de douze mois.

La garantie légale des vices cachés reste due sans limitation de ce type.

Vérifiez la durée annoncée, et surtout ce qu'elle couvre. Certains vendeurs excluent la batterie de la garantie, ce qui vide l'engagement d'une grande partie de son intérêt.

La batterie : le point décisif

C'est l'élément le plus coûteux et celui qui vieillit le plus. Trois questions à poser systématiquement :

  • Combien de cycles a-t-elle effectués ? De nombreux systèmes enregistrent cette donnée, accessible via l'écran ou un diagnostic atelier.
  • Quelle est sa capacité restante ? Exprimée en pourcentage de la capacité d'origine. En dessous de 80 %, l'autonomie annoncée à l'origine n'est plus atteignable.
  • Est-elle couverte par la garantie ? Et pour combien de temps.

Un vendeur sérieux fournit ces informations sans difficulté. Une réponse évasive est en soi un signal.

Les points à contrôler

La transmission. Une chaîne allongée de plus de 0,75 % doit être remplacée, et si elle a été négligée, les pignons le sont aussi. Ce sont des frais immédiats.

Les freins. Épaisseur des plaquettes, état des disques, fermeté du levier.

Les roues. Faites-les tourner : elles ne doivent ni frotter ni présenter de voile visible. Vérifiez le jeu au niveau des moyeux.

L'assistance. Essayez tous les niveaux. Le déclenchement doit être franc et régulier, sans à-coup ni coupure.

Le cadre. Recherchez les fissures, en particulier autour des soudures, de la direction et du boîtier de pédalier. Une fissure de cadre est rédhibitoire.

Les connectiques. Aucun câble pincé, dénudé ou réparé avec du ruban adhésif.

Les documents à exiger

  • une facture nominative, indispensable pour la garantie et pour toute demande d'aide ;
  • le numéro de marquage du vélo, obligatoire pour les vélos vendus par un professionnel ;
  • le rapport de contrôle ou la liste des pièces remplacées ;
  • les conditions de garantie par écrit.

Les signaux d'alerte

Aucune garantie proposée. Batterie non testée ou dont l'historique est inconnu. Absence de marquage. Prix très inférieur au marché sans explication. Vendeur qui refuse un essai. Photos génériques ne correspondant pas au vélo réellement vendu.

Le prix juste

Un reconditionné se situe généralement 30 à 50 % en dessous du neuf équivalent. En deçà de 30 % d'écart, l'intérêt devient discutable au regard de la garantie plus courte. Au-delà de 60 %, interrogez-vous sur l'état réel de la batterie.

Un point souvent ignoré

Plusieurs collectivités acceptent les vélos reconditionnés achetés chez un professionnel dans leurs dispositifs d'aide à l'achat. Combiné à une subvention locale, un reconditionné peut représenter une économie très substantielle. Vérifiez les conditions auprès de votre commune avant de commander.