Quelle selle choisir pour un vélo électrique ?

Quelle selle choisir pour un vélo électrique ?

Léo Gros |

La selle est la première cause d'abandon d'un vélo. Contrairement à l'idée reçue, le confort ne vient ni du rembourrage ni de la largeur en elle-même : il vient de l'adéquation entre la selle, votre morphologie et votre position.

Le critère qui détermine tout

Votre poids doit reposer sur les ischions, les deux os situés à la base du bassin. Si la selle est trop étroite, ces os débordent et l'appui se reporte sur les tissus mous, provoquant douleurs et engourdissements. Trop large, elle crée des frottements à l'intérieur des cuisses.

L'écartement des ischions varie de 100 à 150 mm selon les individus, indépendamment de la corpulence.

Mesurer chez soi

Posez un morceau de carton ondulé sur une surface plane et dure. Asseyez-vous dessus, pieds décollés du sol, en penchant légèrement le buste vers l'avant pour reproduire la position à vélo. Restez ainsi quelques secondes.

Deux empreintes apparaissent. Mesurez la distance entre leurs centres : c'est votre écartement ischiatique.

En déduire la largeur de selle

Ajoutez 20 à 30 mm à votre mesure.

Écartement mesuré Largeur de selle
100 mm 130 à 140 mm
110 mm 140 à 150 mm
120 mm 150 à 160 mm
130 mm 160 à 170 mm

Position très droite : ajoutez encore 10 mm, le bassin bascule vers l'arrière et l'appui s'élargit.

Le rembourrage : moins n'est pas pire

Une selle très molle s'enfonce sous les ischions, qui finissent par toucher le fond, tandis que les tissus mous supportent la pression. C'est la cause de nombreuses douleurs attribuées à tort à une selle « trop dure ».

Un rembourrage ferme et bien dimensionné se révèle plus confortable sur la durée qu'un modèle épais et souple. Le gel épais convient aux trajets de moins de vingt minutes, pas au-delà.

Le canal central

Une rainure ou une découpe au centre de la selle réduit la pression sur la zone périnéale. Sur des trajets réguliers de plus de trente minutes, c'est un apport réel, pour les hommes comme pour les femmes.

Les trois réglages qui changent tout

La hauteur. Entrejambe multiplié par 0,885, mesuré de l'axe du pédalier au dessus de la selle. Jambe presque tendue en bas de course, sans que le bassin bascule.

L'inclinaison. Horizontale au départ, vérifiée avec un niveau. Ajustez ensuite de deux à trois degrés maximum. Une selle inclinée vers l'avant reporte le poids sur les poignets ; vers l'arrière, elle augmente la pression périnéale.

Le recul. Manivelles à l'horizontale, l'avant de votre genou doit se situer à l'aplomb de l'axe de pédale.

Ces trois réglages résolvent une majorité de douleurs, souvent sans changer de selle.

La tige de selle suspendue

Avec 20 à 40 mm de débattement, elle absorbe les vibrations des pavés et des routes dégradées. Sur un vélo électrique, où l'on roule plus vite et plus longtemps, c'est un investissement souvent plus rentable qu'une selle plus épaisse.

Le temps d'adaptation

Une selle ne se juge pas en cinq minutes ni sur un seul trajet. Comptez 100 à 200 km d'adaptation, le corps ayant besoin de s'habituer à un nouvel appui.

Distinguez bien la gêne passagère, qui s'estompe, de la douleur localisée et de l'engourdissement, qui signalent un vrai problème de largeur ou de réglage.

Ce qui aide aussi

Un cuissard rembourré, porté à même la peau, apporte davantage de confort sur les longs trajets que n'importe quelle selle. Pour les trajets urbains courts, il n'est pas nécessaire.

Enfin, changez de position de temps en temps et levez-vous quelques secondes sur les pédales : la pression continue est plus problématique que son intensité.